Dopage: le laboratoire national de dépistage victime d'un piratage informatique

Publié le par Julien HOLTZ


PARIS (AFP)
14 Novembre 2006 11h39


Dopage: le laboratoire national de dépistage victime d'un piratage informatique

Le laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) a été victime de piratage informatique et déposé plainte, a confirmé son directeur Jacques de Ceaurriz après les révélations du quotidien sportif l'Equipe mardi.

Pierre Bordry, président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) qui chapeaute le laboratoire depuis le 1er octobre dernier, a déposé plainte le 7 novembre. L'enquête a été confiée à l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC).

"Une enquête est en cours, a indiqué M. de Ceaurriz à l'AFP. Je ne fais pas de commentaire car les faits sont probablement liés à des affaires actuellement traitées par le laboratoire."

"Nous étions au courant depuis pas mal de temps et cela fait une semaine que nous avons des certitudes", a-t-il ajouté, précisant que la sécurité des installations du laboratoire allait être renforcée.

Selon l'Equipe, l'OCLCTIC aurait identifié l'un des complices du piratage, matérialisé par l'envoi de courriers électroniques dénonçant les erreurs répétées commises par le LNDD dans ses analyses et s'appuyant sur des documents internes.

L'auteur d'un des courriers serait un proche du cycliste américain Floyd Landis, convaincu de dopage à la testostérone, après sa victoire dans le dernier Tour de France, par une analyse effectuée à Châtenay-Malabry qu'il a toujours contestée. Une thèse apparemment soutenue par M. de Ceaurriz lorsqu'il évoque les "affaires actuellement traitées."

Les envois comprennent une lettre de présentation - rédigée dans un français médiocre, probablement par un Anglo-Saxon - accompagnée de documents piratés auprès du laboratoire, sortis de leur contexte et reconstitués pour bien montrer que le LNDD est coutumier d'erreurs d'analyses.

Les faux sont d'ailleurs de facture grossière, affichant notamment une adresse à "Châtanay-Malabry" selon l'Equipe.

Ces courriels, datés de septembre, ont été adressés à des institutions sportives et des laboratoires étrangers. C'est l'un d'eux, celui de Montréal, qui a alerté l'AMA et le LNDD fin octobre.

Le laboratoire de Châtenay-Malabry est la cible, depuis plusieurs mois, d'attaques des cyclistes américains. Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France, a d'abord mis en cause le LNDD auteur de ses contrôles positifs à l'EPO en 1999, révélés en 2005 par l'Equipe.

De même, depuis l'annonce de son contrôle positif sur le Tour de France, Landis et son entourage mènent, via internet, une campagne pour décrédibiliser le laboratoire français.

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Publié dans Dopage

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